Kim Stanley ROBINSON
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Mars la rouge    (France Loisirs)

Peut-on oser parler d'un chef d'oeuvre ? D'une saga qui fera date dans ce genre de littérature ? A la lecture du premier tome de cette trilogie, on n'est pas loin de le penser. C'est un livre atypique, à mi-chemin entre le roman et le documentaire, remarquablement précis dans ses descriptions, sa géographie, sa géologie, que l'auteur prend plaisir à décrire minutieusement. De ce fait, l'action en souffre un peu ; par moments, on se croirait dans une revue scientifique, mais c'est bien écrit, et c'est captivant malgré tout. Les personnages sont bien observés, et leur psychologie est fine et bien vue, ils ont du corps, de la consistance. Et puis, ce côté authentique est impressionnant. Il ne s'agit plus de pure imagination, ni d'une planète inventée de toute pièce, où les seules limites sont celles de l'imagination, mais d'un astre très proche de nous, sur lequel nos enfants pourront aller, et ça donne un cachet d'authenticité encore plus grand à cette histoire. On y trouve à la fois des problèmes idéologiques, philosophiques, politiques, on y parle d'utopie, d'écologie, toutes préoccupations qui pourraient appartenir à notre quotidien, si, justement, ce n'était pas le cas et, ce décalage entre la réalité terrestre telle qu'on pourrait la connaître actuellement et la transposition qui en est faite sur une planète voisine, dans un futur très proche, est saisissant. C'est un ouvrage profond, qui enrichit, qui fait réfléchir, qui passionne et l'on ne craint qu'une chose, que l'auteur ne puisse pas poursuivre avec un tel souffle pendant trois épais volumes. à suivre, donc.

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Mars la verte    (France Loisirs)

C'est bien ce que l'on craignait : le second tome de cette saga est loin de valoir le premier. L'étude géologique et climatique d'une précision toute scientifique l'emporte largement sur l'intrigue, et le récit est émaillé de longs débats politiques, si banals, si humains, qu'ils en deviennent aussi pénibles que des comptes rendus de l'Assemblée Nationale. Les différentes factions qui s'affrontent font immanquablement penser à ce qu'on lit quotidiennement dans les journaux (de la Terre..), et les héros ne sont pas particulièrement attachants, de quel bord qu'ils soient. En fait, il s'agit d'une étude politique et sociologique des humains autochtones et émigrés, de la confrontation d'idéaux écologistes divergents, avec, au milieu, quelques héros qui servent de fil rouge à une histoire plus descriptive qu'active. Le plus intéressant est sans aucun doute l'exposition de l'évolution géographique de Mars qui aurait pu faire l'objet d'un documentaire particulièrement riche. Et, à cause de ça, ce livre réussit le paradoxe d'être à la fois fort remarquable et rudement ennuyeux ! La fin n'en est pas une, et appelle le troisième tome.

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Les Martiens    (France Loisirs)

Remarquablement ennuyeux ce livre ! Aussi pesant que la fin de la série Mars la Rouge (la Verte, la Bleue). D'ailleurs, ce n'est pas un roman, mais une suite d'histoires sans rapport entre elles, dont l'une se passe sur terre, avant le départ pour Mars, et l'autre qui met en scène des personnages qui ont plus de 300 ans de vie sur la planète... c'est dire qu'il n'y a guère d'unité de temps ! On a l'impression de voir des "bouts d'essais", comme on dirait au cinéma, sans continuité entre eux, entrecoupés de digressions géologiques et biologiques d'un intérêt moyen. Quant à l'ascension d'Olympus Mons, autant lire un récit d'alpinistes à la conquête de l'Himalaya, ça risque d'être plus original ! Si, dans l'esprit de l'auteur, la terraformation de Mars en a fait une planète identique à la Terre, avec les mêmes paysages, les mêmes gens (qui ont les mêmes turpitudes), pourquoi transposer un récit banal à quelques milliers de kilomètres ? Ce sera toujours un récit sans grand intérêt. La fin ? On laisse en parler ceux qui ont eu le courage d'aller jusqu'au bout... A éviter, de toutes façons.

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