Walter MILLER
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Un cantique pour Leibowitz    (Présence du Futur - Denoel)

Une étonnante fresque allégorique qui s'étale sur trois époques, avec comme point d'orgue, comme phare, cette abbaye intemporelle, gardienne d'un savoir perdu, dont les moines veillent jalousement sur des objets et des écrits d'une époque révolue, qu'ils recopient, pour en assurer la préservation, sans en comprendre la signification. Une histoire dure, forte, désespérante, où l'homme semble retomber inexorablement dans ses travers d'inculture, de lourdeur mentale et d'agressivité, où l'expérience, l'Histoire, sont perpétuellement recommencées. Une philosophie sombre et pessimiste, qui débouche sur une absence quasi complète d'espérance. Et, tels des menhirs, stables et rigoureux dans la tourmente, les différentes figures des abbés successifs, dont on ne sait plus très bien s'ils sont les représentants de Dieu et de l'Eglise, ou les seuls survivants de l'esprit et de la sagesse humaine, seuls germes d'un éventuel renouveau. Un livre grave et prenant, proche du " Nom de la rose ", plus par ses décors que par son action, d'ailleurs, qui laisse comme un goût amer, mais ne peut en aucun cas laisser indifférent.

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L'héritage de saint Leibowitz    (Présence du Futur - Denoel)

Quand on garde un bon souvenir du volume précédent (un cantique pour Leibowitz), on a envie de lire la suite... Hélas, si celle-ci commence très bien, dans la même atmosphère intemporelle, avec des personnages forts, typés, elle s'englue rapidement dans des longueurs difficiles à suivre sur des querelles de chapelle (c'est le cas de le dire), et des histoires de schismes au milieu d'ethnies vivant au troisième millénaire (après un cataclysme), dont les schémas de pensée sont étranges. Et, à la moitié du livre, alors qu'il ne se passe pas grand chose, et qu'on a définitivement perdu la magie du précédent, on abandonne la lecture fastidieuse d'un ouvrage tellement délayé qu'il en devient totalement inintéressant. Est-ce le fait que l'oeuvre ait été continuée par un autre auteur après la mort de Miller ? En tous cas, hormis les "Génieux" qui sont la seule invention originale, il n'y a pas grand chose à tirer de cet inextricable fouillis.

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