Greg BEAR
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L'échelle de Darwin    (Ailleurs et Demain)

Un gros livre qui démarre lentement, tout englué dans des explications scientifiques complexes, dominé par des querelles entre biologistes et hommes politiques. Et puis, ça s'anime, l'intrigue se met en place, les chapitres sont courts, enlevés, ajoutant à l'impression de l'accélération de l'histoire. Là, ça devient intéressant, nouveau, original, on s'attend à des trouvailles inou´es, une ouverture vers quelque chose de neuf, d'inconnu et... ça s'effondre à nouveau ! Avec en prime un côté mélodramatique à la limite du ridicule. Quel dommage que Greag Bear mette si longtemps à "s'échauffer" en quelque sorte, et ne parvienne pas à développer plus largement ses excellentes trouvailles. La chose importante, la révélation finale, sont bâclées en quelques pages, et l'on reste cruellement sur sa faim. Cette nouvelle voie de l'évolution aurait mérité à elle seule un ouvrage complet, et non les derniers chapitres d'un roman somme toute décevant. A croire qu'à l'instar de "La reine des anges", cet auteur, qui ne manque pas de génie, ne parvient pas toujours à en tirer profit, et passe à côté de ce qui aurait pu être un chef d'oeuvre.

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Fondation et chaos    (Presses de la cité)

Beaucoup de mal à entrer dans cette histoire, tout au long de la première moitié du livre, tant on y ressent l'impression désagréable de lire une version affadie de l'original. Certes, les personnages sont là, les décors aussi, mais, pour paraphraser une célèbre publicité, si ça a l'aspect de Fondation, la couleur de Fondation, ce n'est pas Fondation ! Et, si ça veut en être une suite, si c'est effectivement une histoire qui ne dépare pas le contexte de la saga d'Asimov, il y a un je ne sais quoi qui fait que l'on s'en aperçoit. C'est une gageure de vouloir, avec tout le talent et la bonne volonté possibles, reprendre un récit à la suite d'un auteur aussi incontournable. D'autant plus que le lecteur a intérêt à connaître l'histoire, s'il veut s'y retrouver (la première fois qu'il est question des Calvinistes, sans autre précision, des yeux européens peuvent donner à ce mot une toute autre signification !). Toutefois, il faut reconnaître que Greg Bear n'a pas écrit qu'un ersatz, un sous-produit. La seconde partie de son ouvrage est bien faite, et l'histoire, si on veut bien faire en partie abstraction du souvenir laissé par le Cycle de Fondation, est intéressante. Mais il y manque les somptueux dialogues du maître, et ce quelque chose difficile à analyser qui rend une oeuvre unique et fait que peut-être Greg Bear n'aurait pas du écrire ce livre.

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Eon et Eternité    (Ailleurs et demain)

Il y a du Frank Herbert ou de l'Olaf Stapledon chez Greg Bear : pour un peu ces deux romans pourraient être le point de départ d'un long cycle, tant l'auteur sait dépeindre des grandes fresques, mettant en scène de nombreux personnages sur une très longue période, ainsi qu'une intrigue sans failles. De plus ces deux romans satisfairont les amateurs de la tendance "hard science".(A)
Quel dommage que ce soit fini ! Quand on a terminé ces deux volumes, on regrette beaucoup de ne pas pouvoir rester encore un peu immergé dans ces univers qui se tissent, et se superposent dans une explosion d'espace et de temps entremêlés. Riche, foisonnant, nourrissant l'imagination, et bien au delà, ces deux livres méritent un long détour.(H)

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La reine des anges    (Livre de poche)

Ce n'est pas le chef-d'oeuvre absolu de Greg Bear, bien qu'il y ait de très bonnes idées que l'auteur aurait pu développer bien plus, comme la nanotechnologie et son impact sur la société, et surtout le pays de l'esprit. Au lieu de ça, le roman traîne littéralement sur plus de 250 pages, et quand enfin Greg Bear cesse de tourner autour du pot, c'est pour bâcler à toute allure l'exploration du pays de l'esprit, qui aurait pu à lui tout seul fournir la matière du roman. Au lieu de celà, la partie intéressante du récit se termine sur une fin qui n'en est pas une, ce qui est extrêmement décevant de la part de l'auteur, qui ne nous avait pas habitué à ça. (A)
Un peu décevant, ce livre se traîne sur les deux tiers de ses pages, avec des actions lentes sans grand intérêt. Ce n'est pas vraiment ennuyeux, c'est ordinaire, ce qui est pire, l'auteur n'était peut-être pas tellement en forme. Quand on entre dans le vif du sujet, on ne fait que l'effleurer, et on reste sur sa faim. Pas mal, pas bien, tiède, en un mot... (H)

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Oblique    (Ailleurs et demain)

Quand on termine ce livre, c'est comme si l'on avait reçu un grand coup de poing sur la tête ; on est complètement abasourdi ! Et il est difficile, après une lecture aussi passionnante, de retomber dans la réalité quotidienne. L'histoire n'est pas simple. Au début, des tas de pistes démarrent, avec des personnages différents, dans des contextes très particuliers, et, petit à petit, tout s'organise, tout converge, dans un récit où se mêlent l'aventure, la technologie, le suspens, dans un ensemble remarquablement bien construit, et aussi inquiétant que stupéfiant. Chaque chapitre est court, ce qui donne encore plus de rythme à une histoire qui n'en manque déjà pas. L'utilisation du présent, dans quasiment tout le récit, donne une impression d'actualité, et rend tout à fait plausible cette histoire. Il faut une certaine attention pour bien suivre les détails et l'enchaînement des péripéties, ce n'est pas une lecture " détendue ", tous les détails comptent, tous les personnages ont leur rôle. C'est un livre foisonnant, plein d'idées, presque compliqué, mais extraordinairement prenant. Il est préférable d'avoir lu " La reine des anges " avant, parce que l'on y retrouve des personnages qui figuraient dans ce livre, ainsi que certains concepts technologiques qui sont repris ici.

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